La psychogénéalogie

Oublier ses ancêtres, c’est être un ruisseau sans source, un arbre sans racines Proverbe chinois

La Psychogénéalogie, comme son nom l’indique, cette méthode, pratiquée par des personnes spécialisées, utilise les bases de la recherche généalogique.

       Le principe de cette méthode

              Le principe : découvrir les événements qui, chez nos aïeux, pourraient avoir une résonance avec nos propres problèmes. Mais comment un fait, heureux ou malheureux, du passé,  » caché  » qui plus est – par ignorance ou sous le poids d’un  » secret de famille  » –, peut-il avoir de telles conséquences quelques générations plus tard ? Quand il court sur deux ou trois générations, ce phénomène de répétition peut s’expliquer aisément : par une transmission orale directe, des comportements visibles ou des sous-entendus dont le sens peut être deviné intuitivement.

                Mais dans les cas similaires à celui de François, où les événements ont été oubliés de tous, la science reste muette. Quoi qu’il en soit, cette technique donne des résultats assez surprenants et de plus en plus de thérapeutes l’utilisent. Médecins compris. Ainsi, au Canada, le docteur Devroede, chirurgien à l’hôpital de Sherbrooke, travaille avec ses patients de façon à ne pas programmer leur opération un jour d’anniversaire familial : le jour de la mort d’un aïeul, d’un divorce, d’un accident, etc.

        Freud, Jung, Dolto…

                Dans Totem et Tabou, Sigmund Freud avait déjà évoqué la possibilité d’une « âme collective » pour tenter d’expliquer une transmission de l’inconscient d’une personne à l’inconscient d’une autre personne. Mais c’est Carl Gustav Jung qui a réellement ouvert la voie d’une approche transgénérationnelle avec sa théorie de l’ » inconscient collectif  » auquel chacun de nous aurait accès. Puis Jacob Lévy Moreno, créateur du psychodrame, Françoise Dolto, Nicolas Abraham, Maria Törok, ou encore Didier Dumas, ont développé des théories successives et complémentaires sur les dynamiques inconscientes de la famille.

                 Voilà pourquoi la psychogénéalogie a la particularité d’intégrer différentes théories, différentes écoles de pensée… Finalement, c’est à la psychothérapeute Anne Ancelin-Schützenberger que l’on doit le réel essor de cette technique. Travaillant pendant des années auprès de malades atteints d’un cancer, elle a cherché dans leur histoire familiale une éventuelle  » répétition  » ou identification à une personne aimée importante. La psychothérapeute a pu ainsi constaté que leur cancer s’était fréquemment déclaré exactement à l’âge où une mère, un père, un grand-père, une tante, un cousin, étaient morts d’une maladie grave ou d’un accident.

                  Dans le but de relever et clarifier les coïncidences de dates et d’âges chez divers membres d’une même famille, elle a créé le « génosociogramme », un arbre généalogique constitué des faits marquants et des événements importants, heureux ou malheureux, relevés sur plusieurs générations. Lorsqu’un problème présente des similitudes avec un autre survenu dans le passé, la psychothérapeute parle de « syndrome d’anniversaire ».

          Un travail d’investigation

                     La plupart des thérapeutes français spécialisés dans ce domaine ont été formés selon la méthode d’Anne Ancelin-Schützenberger. Tous utilisent donc la méthode de « psychogénéalogie transgénérationnelle », avec quelques variantes.

                     Le plus important est d’y inscrire tous les grands événements de la vie de nos ancêtres : mariages, naissances, séparations, maladies graves, lieux de résidence, déménagements, accidents, etc. On commence ce travail de mémoire en interrogeant les membres de sa famille, puis on complète les informations en utilisant les méthodes d’investigation habituelles de la généalogie – recherches dans les registres des mairies, enquêtes dans les régions d’origine, etc. Aussi on peut proposer des consultations à domicile pour un travail en famille.

           Pour tout le monde ?

                     Bien sûr, on peut entreprendre cette démarche sans avoir de demande spécifique, dans un simple but de développement personnel.

                     Cependant, la méthode est particulièrement indiquée en cas de deuils non faits, de traumatismes non intégrés et non verbalisés. « C’est une méthode d’investigation extrêmement rapide. En une dizaine d’heures, on peut appréhender l’origine de certains problèmes. Mais savoir est une chose, intégrer et guérir en est une autre. »

          Exemple:

                      Depuis des années, François souffrait de maux de gorge et du syndrome de Reynaud, une mauvaise circulation sanguine de l’extrémité des membres, qui donne une sensation de froid permanente. « Toutes les tentatives pour traiter ces problèmes à l’aide de la médecine conventionnelle avaient échoué, explique-t-il. J’ai eu l’occasion de m’engager dans un travail de psychogénéalogie avec une thérapeute. Pendant quelques mois, j’ai dû construire mon arbre généalogique en menant mon enquête sur les origines de ma famille. Cela m’a demandé beaucoup de temps, mais je suis parvenu à remonter jusqu’à la Révolution, en Vendée. J’ai alors découvert que mon aïeul s’appelait lui aussi François et qu’il avait été guillotiné le 9 janvier 1793. Or je suis né ce même jour, cent soixante-dix ans plus tard, le 9 janvier 1963. Nous avons alors joué cet épisode historique en psychodrame, et tous mes symptômes ont disparu ! »

           On peut travailler sur le traumatisme par:

  • L’art thérapie
  • la constellation familiale
  • une cérémonie

                      J’encourage mes clients à faire, parallèlement, un travail sur le corps, car il est le lieu de l’inconscient. Des massages appropriés, par exemple, peuvent aider à la libération des énergies bloquées.